Endométriose : une femme qui en souffre n’est pas douillette… Elle est malade

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Droits des femmes Publié le 29 mai 2014

Ce mercredi 28 mai 2014, journée internationale d’action pour la santé des femmes, estt l’occasion de parler d’une maladie dont on ne parle jamais : l’endométriose.

Beaucoup d’entre vous entendent ce nom pour la première fois, cette maladie touche pourtant une à deux femmes sur dix, en France comme dans le monde.

L’endométriose est une maladie gynécologique, liée à la présence de cellules qui tapissent la muqueuse utérine hors de l’utérus et sur les organes voisins. Elle a des conséquences graves sur la santé et la qualité de vie des femmes qui en souffrent, avec des répercussions importantes sur leur vie privée, sociale et professionnelle.

Cette maladie touche le cœur même de la féminité : les règles

Comment expliquer que cette maladie soit si méconnue ? Elle touche des femmes, et le cœur même de la féminité : les règles, sujet encore totalement tabou. Souvent, elle se caractérise en effet par des douleurs très importantes au moment des règles. Les douleurs féminines liées aux règles sont encore trop souvent considérées comme une fatalité, le prix à payer pour être une femme et une future mère.

Longtemps, les médecins ont pensé que le meilleur moyen pour une femme de lutter contre l’endométriose était de faire des enfants assez tôt dans sa carrière reproductive. Surnommée « maladie des femmes carriéristes », l’endométriose apparaissait alors comme une punition pour les femmes qui, en poursuivant des études supérieures, tardaient trop à devenir mère.

Nous n’en sommes plus là, heureusement. L’endométriose est désormais reconnue par le corps médical comme une maladie gynécologique chronique et douloureuse, dont les causes sont encore mal comprises.

Non, une femme atteinte d’endométriose n’est pas douillette

Pourtant, certains clichés sont difficiles à gommer. Certains pensent encore que la douleur vécue par les femmes souffrant d’endométriose relève d’un processus physiologique féminin normal. Il n’y a pas de fatalité à souffrir pendant les règles, comme il n’y a pas de fatalité à souffrir pour donner la vie.

D’autres pensent que la douleur serait surtout liée à une cause psychologique. C’est le fameux « c’est dans la tête », que toutes les malades ont entendu au moins une fois.

Non, une femme atteinte d’endométriose n’est pas une femme douillette. C’est une femme malade, qui a besoin d’être soignée et entourée par ses proches. La méconnaissance de l’endométriose pèse lourd sur les femmes malades. Elle les conduit parfois à souffrir très longtemps avant de consulter.

Elle pèse donc sur le temps de diagnostic.

Sept ans s’écoulent en moyenne entre la première consultation et le diagnostic. Ce temps perdu a des conséquences parfois irréversibles, en particulier sur la possibilité d’avoir un enfant : l’endométriose est une des premières causes de stérilité.

Il est temps de changer notre regard sur cette maladie

La méconnaissance de l’endométriose ouvre la porte aux discrédits de la femme malade. La société comprend la souffrance et le caractère handicapant de toute maladie chronique qui toucherait les hommes comme les femmes durant le cours de la vie.

Il est temps que nous changions notre regard sur la souffrance des femmes atteintes de l’endométriose. Comment une société peut-elle ignorer une maladie touchant plus d’une femme sur dix ?

Je partage leurs préoccupations.

Oui, il est insupportable que des femmes, qui se battent contre la maladie, aient besoin de se battre contre la méconnaissance, l’incompréhension, voire la suspicion de la société.

C’est pourquoi j’ai voulu, comme ministre des Droits des Femmes, m’associer aux actions de sensibilisation et d’information pour faire progresser la connaissance, la reconnaissance de l’endométriose.
Pour que lors de la prochaine journée internationale d’action pour la santé des femmes, plus personne n’apprenne ce qu’est l’endométriose.


Photo : la remise à la ministre du Manifeste « Endométriose : ouvrons les yeux ! » par les membres du Collectif Agir contre l’Endométriose.

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